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L’aéroport Montpellier-Méditerranée entre ciel et miel

Au printemps 2017, l’aéroport Montpellier-Méditerranée installait des ruches sur sa plateforme afin de contrôler et améliorer sa biodiversité. En cet automne 2018, il procède à sa première récolte de miel.

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Première récolte de miel à l’aéroport Montpellier-Méditerranée

En mai 2017, l’Aéroport Montpellier Méditerranée (AMM) signait une convention avec le syndicat d’apiculteurs « L’Abeille héraultaise » et Jean-Pierre Almes, apiculteur et ancien chef-électricien de l’aéroport.

Dans ce cadre, trois ruches ont été installées près des salles d’embarquement, avant d’être déplacées en mai dernier sous les platanes qui longent la prairie aéroportuaire. Au mois d’août, une vingtaine de ruches supplémentaires appartenant à Jean-Pierre Almes les ont rejointes.

En ce début d’automne, l’aéroport procède ainsi à sa première récolte de miel !

L’abeille pollinise de nombreuses plantes cultivées ou sauvages, dont regorgent les 500 hectares de la plateforme d’AMM. A ce titre, l’abeille est donc un partenaire essentiel et précieux dans l’équilibre des écosystèmes et la gestion durable de la biodiversité.

Dans le même esprit, ce miel ainsi produit fait l’objet d’analyses afin de mesurer notamment la qualité de cet écosystème, ponctuellement et sur la durée.

 

« Développement durable et démarche participative sont au coeur de notre plan stratégique Destination 2020, argumente Emmanuel Brehmer, Président du Directoire d’AMM. Conjuguer recherche de la performance et respect des valeurs humaines et environnementales constituent le soubassement de nos actions. Cela ne relève en rien d’une posture mais au contraire d’une conviction : la richesse de notre entreprise réside dans les hommes et les femmes qui la font vivre, et dans notre environnement naturel. »

 

La fabuleuse histoire des abeilles de l’aéroport

Sur la plateforme aéroportuaire de Montpellier, les abeilles sont des apis mellifera, soit les abeilles noires locales. Il ne s'agit pas de la pure souche noire, mais plutôt d'un écotype acclimaté à notre territoire. Dans une colonie, le nombre d'abeilles varie en fonction de la saison. En hiver, on dénombre 15 000 à 20 000 abeilles.

A l’issue de la montée en puissance qui s’opère de mars à juillet, on peut comptabiliser jusqu’à 65 000 abeilles au plus fort de la saison. A la fin de l’été, cette population réunit quelque 40 000 individus.

 

Le rayon d'action "économique" de nos abeilles montpelliéraines est de 3 km environ, mais celles-ci peuvent parcourir jusqu’à 6 km en cas de disette. Une abeille pèse environ 100 mg (soit 1/10e de g, l'équivalent de 5 grains de riz). Elle visite de 20 à 100 fleurs pour récolter de 30 à 60 mg de nectar. Elle peut donc porter plus de la moitié de son poids ! Elle effectue en moyenne une dizaine de voyages par jour, mais peut en accomplir plus d'une centaine selon la proximité des fleurs et la facilité de récolte.

 

Le plus grand impact de l'abeille sur la nature est sans conteste la pollinisation, qui permet la reproduction de l'ensemble des plantes à fleur (assurant ainsi le maintien de la biodiversité florale pour les plantes sauvages).

En termes financiers au profit de l'agriculture, les résultats sont encore plus impressionnants, grâce à l’amélioration de la productivité des cultures.

 

L'emplacement du rucher est donc primordial pour les récoltes. Les ruchers de Jean-Pierre Almès ne comportent qu'une trentaine de ruches au maximum afin d'assurer une ressource de nectar suffisante. Il s’agit d’éviter la compétition sur les ressources florales avec les abeilles sauvages, très différentes de nos abeilles mellifères.

« Disposer plus de ruches n'augmenterait pas la production sur une miellée classique, explique Jean-Pierre Almes. Mais, par exemple, dans les champs de lavande de haute Provence, des ruchers de 100 à 200 ruches ne sont pas rares, tant est importante la production de nectar par la lavande ».

 

Afin de produire le miel de l'aéroport de Montpellier, les abeilles ont dû récolter du nectar de pissenlit, de saule, d’aubépine, de vipérine, de luzerne, de thym (une surface significative de thym a été importée lors de l’allongement de la piste dans l’étang de l'Or), de ronces, de mélilot, de tamaris, du miellat de ronces et de frêne.

En août dernier, l’apiculteur de l’aéroport a pu observer des abeilles butiner la saladelle. En ce début d’automne, les abeilles vont même visiter les lierres et autres inules.

 

La recette du miel : quand les abeilles font mieux que les avions !

Le nectar contient 80% d'eau, quantité qu'il faut réduire à 18% : il est donc nécessaire de diviser par quatre la quantité de nectar pour que le miel se conserve.

Pour fabriquer 1 kg de miel, il faut 4 kg de nectar soit 100 000 voyages (40 mg par voyage), soit 200 000 km de vol. 5 tours de terre pour 1 kg de miel !

Et quelque 5 million de fleurs visitées sur la base de 50 fleurs visitée par voyage.

Impressionnant.

On comprend pourquoi Napoléon en a fait un animal emblématique du travail, que l'on retrouve sur ses armoiries, et qu'il avait autorisé ses fonctionnaires à pratiquer l'apiculture en dehors des heures de travail sans contrepartie pour les impôts.

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