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Les Français et l’impact environnemental du transport aérien : entre mythes et réalités.

La Chaire Pégase (Montpellier Business School) publie un rapport sur les perceptions de l’impact environnemental du transport aérien et révèle que les Français surestiment les émissions de CO2 associées au secteur tout en sous-estimant les efforts déjà réalisés par les constructeurs et compagnies aériennes.

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Rapport « Les Français et l’impact environnemental du transport aérien : entre mythes et réalités »

Au cours des 15 derniers mois, un nouveau mot suédois est rentré dans le vocabulaire des Français. Il ne s’agit pas d’un nouveau nom de meuble mais bien du flygskam, qui signifie la honte de prendre l’avion. Ce n’est pas un hasard si ce mot est suédois car, en dépit de leur fort engagement environnemental, les Suédois sont des voyageurs fréquents et volent entre 4 et 5 fois plus que la moyenne mondiale.

Face à ce paradoxe, certains d’entre eux ont développé un sentiment de honte ou de culpabilité à l’idée de prendre l’avion. Si la honte de prendre l’avion est d’abord restée un phénomène scandinave, elle a pris une ampleur grandissante tout au long de l’année 2019, forçant l’ensemble des acteurs du transport aérien à réagir.

 

Mais le développement du flygskam est-il vraiment rationnel ? Selon les scientifiques, si l’on se concentre sur les émissions de CO2, le transport aérien représente entre 2 et 3% des émissions de CO2 mondiales et réalise un certain nombre de progrès pour réduire son empreinte environnementale. Alors comment expliquer l’émergence et le développement du flygskam en Europe ?

Dans le cadre de la Chaire Pégase (rattachée à Montpellier Business School), nous avons étudié la question et venons de publier un rapport intitulé « Les Français et l’impact environnemental du transport aérien : entre mythes et réalités » (lien).

 

Ce rapport se base sur l’intuition que les Français peuvent avoir une vision biaisée de l’impact environnemental du transport aérien et une connaissance partielle des efforts réalisés par le secteur pour réduire son empreinte environnementale. Pour tester cette intuition, nous avons réalisé un questionnaire diffusé auprès d’un échantillon de 1018 répondants représentatif de la population nationale.

 

Alors que les scientifiques s’accordent à dire que le transport aérien pollue moins que le secteur des activités liées à Internet (4% des émissions de CO2) et que le secteur de l’habillement (8 à 10% des émissions de CO2), plus de 80% des Français considèrent que le secteur aérien pollue autant ou plus que ces deux secteurs. Ce résultat s’explique par le fait que 90% des répondants surestiment la contribution du transport aérien aux émissions de CO2 mondiales. Alors que le transport aérien ne représente que 2 à 3% des émissions de CO2, plus de la moitié des répondants pensent qu’il représente plus de 10% des émissions de CO2.

 

Dans une perspective plus dynamique, alors que les émissions de CO2 par passager transporté ont baissé de 25% en France au cours des 15 dernières années, 90% des répondants pensent qu’elles ont été stables ou qu’elles ont augmenté. Ce résultat s’explique essentiellement par le manque de connaissance des Français concernant les mesures qui sont prises par les constructeurs, les compagnies aériennes et les aéroports pour réduire leur impact environnemental.

 

Que conclure de cette étude ?

Le fort développement du flygskam est le résultat d’un écart entre la réalité et la perception des Français concernant les pratiques environnementales du secteur aérien. Un enjeu majeur pour l’ensemble des acteurs de la filière aérienne est donc de faire preuve de pédagogie en communiquant largement sur les chiffres et les pratiques environnementales du secteur.

Néanmoins, pour faire face au développement du flygskam, le secteur aérien ne doit pas se contenter de communiquer sur ses efforts, il doit poursuivre sa transition environnementale pour devenir exemplaire en adoptant des objectifs encore plus ambitieux en matière de réduction absolue des émissions de CO2.

L’atteinte de ces objectifs ambitieux suppose que les acteurs du transport aérien se coordonnent tout en bénéficiant d’un réel soutien de l’État. A plus long terme, l’objectif pourrait être de faire évoluer les business models des compagnies aériennes en leur permettant de devenir des acteurs de mobilité multimodale, avec une offre composée à la fois de routes aériennes et de routes ferroviaires.

 

Paul Chiambaretto (Montpellier Business School et directeur de la Chaire Pégase), Elodie Mayenc (Université de Montpellier), Hervé Chappert (Université de Montpellier), Juliane Engsig (Université de Montpellier), Anne-Sophie Fernandez (Université de Montpellier), Frédéric Le Roy (Université de Montpellier / Montpellier Business School), Cédrine Joly (Montpellier Business School)

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toto 02/09/2020 18:13

"Un écart entre la réalité et la perception des Français" ?
- 3 à 4 % des émissions de CO2 mondiales, soit plus qu'un pays entier
- 5 % du forçage radiatif total (impact environnemental)
- 20 fois plus polluant que le train
- une croissance de l'aérien de 6 à 7 % par an
Non c'est sûr, c'est une mauvaise perception, j'ai simplement du mal à compter.

Bernie 03/09/2020 18:31

Quelles sont les sources de vos données ?