À l’occasion de son dixième anniversaire, l’association Aéro Biodiversité publie son rapport national 2025. Les résultats des 81 plateformes engagées confirment le rôle crucial des prairies aéroportuaires comme refuges pour la faune et la flore.

©Aéro Biodiversité
L’association Aéro Biodiversité, reconnue d’intérêt général, a dévoilé les conclusions de son rapport national 2025, marquant une décennie d’expertise naturaliste. En analysant 81 plateformes aéroportuaires, l’étude démontre que ces espaces sécurisés et interdits au public constituent désormais l’un des derniers remparts contre l’érosion de la biodiversité en France métropolitaine et en Outre-mer.
Les aéroports : des réservoirs biologiques méconnus au cœur des territoires
Contrairement aux idées reçues, les zones aéroportuaires ne sont pas que du béton. En France, les prairies aéronautiques des 500 aérodromes couvrent environ 337 km² d’espaces verts. En moyenne, ces zones non traitées représentent 73 % de la superficie totale d’une plateforme.
Depuis 2015, notre mission consiste à transformer ces zones de contraintes en opportunités écologiques. Ces espaces, préservés de l’urbanisation galopante et de l’agriculture intensive, fonctionnent comme de véritables réservoirs biologiques. L’absence de pesticides et le contrôle strict des accès permettent à des espèces menacées de boucler leur cycle de vie en toute sérénité.
Aéro Biodiversité rapport national 2025 : Synthèse des données clés
| Indicateur | Valeur en 2025 | Cumul depuis 2015 |
| Plateformes partenaires | 81 | 130+ |
| Données collectées | 30 964 | 145 000+ |
| Espèces en Liste Rouge | 33% | N/A |
| Surface verte moyenne | 73% | Stable |
Une expansion record : 20 nouvelles plateformes prospectées en 2025
L’année 2025 marque un tournant avec l’intégration de 20 nouvelles plateformes dans le programme d’inventaire. Ce déploiement couvre l’ensemble du territoire, de la métropole aux Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin).
Voici les nouveaux sites ayant rejoint l’aventure cette année :
- Auvergne-Rhône-Alpes : Ambert, Chambéry-Challes-les-Eaux, Pierrelatte.
- Bourgogne-Franche-Comté : Auxerre-Branches, Belfort Chaux, Chalon – Champforgeuil.
- Hauts-de-France : Calais-Dunkerque, Laon-Chambry, Touquet – Elizabeth II.
- Île-de-France : Fontenay-Trésigny.
- PACA : Aix-les-Milles.
Le franchissement de la barre des 130 terrains prospectés depuis la création de l’association témoigne de l’engagement croissant des gestionnaires pour une stratégie de développement durable renforcée par Aéro Biodiversité et ses 10 ans d’engagement.
Rigueur scientifique et nouvelles découvertes : le cas des lépidoptères
Sous l’égide d’un Conseil Scientifique indépendant, une équipe de vingt écologues, botanistes et ornithologues déploie des protocoles rigoureux de sciences participatives. Des outils comme SPIPOLL (suivi des pollinisateurs), Vigie-Chiro (chauves-souris) et EPOC (oiseaux) permettent de collecter des données exploitables au niveau national.
En 2025, un focus particulier a été mis sur les lépidoptères nocturnes. Si la France compte 260 espèces de papillons de jour, elle en abrite près de 5 000 espèces nocturnes. Ces insectes, essentiels à la chaîne alimentaire et à la pollinisation, trouvent dans les prairies aéroportuaires une obscurité et une flore diversifiée devenues rares ailleurs. Les inventaires 2025 ont révélé plusieurs espèces n’ayant jamais été observées sur ces sites auparavant.
L’avifaune : les aéroports comme sanctuaires face au déclin
L’analyse des populations d’oiseaux est sans doute le volet le plus frappant du rapport. Alors que les milieux ouverts (plaines, prairies) subissent un effondrement global, les aéroports deviennent des zones refuges stratégiques.
Un tiers des espèces observées en 2025 sur les plateformes figure sur la Liste Rouge nationale. Des oiseaux emblématiques comme l’Alouette des champs, le Pipit farlouse ou le Faucon crécerelle y trouvent un habitat stable. Cette présence massive oblige les gestionnaires à une expertise fine pour concilier protection et sécurité aérienne.
« L’objectif n’est pas seulement de compter les espèces, mais d’adapter la gestion du terrain — comme les périodes de fauche — pour maintenir cet équilibre fragile entre nature et impératifs aéronautiques. »
Zoom expert : les clés de compréhension d’Aéro Biodiversité rapport national 2025
Les aéroports offrent de vastes surfaces de prairies (73% de leur surface en moyenne) qui sont interdites au public et exemptes de pesticides. Cela crée un habitat calme et préservé, idéal pour de nombreuses espèces menacées.
L’association préconise une gestion différenciée des fauches. En adaptant la hauteur et la période de coupe de l’herbe, on peut favoriser certaines espèces non dangereuses pour les avions tout en limitant l’attractivité du site pour les grands oiseaux présentant un risque de collision.
Outre les oiseaux de la Liste Rouge (Alouette des champs), le rapport 2025 met en avant une richesse exceptionnelle de lépidoptères nocturnes et de plantes patrimoniales, grâce à plus de 30 000 nouvelles données collectées cette année.
Conclusion : Quel avenir pour la biodiversité sous les ailes ?
En 10 ans, l’association a prouvé que l’aérien et l’écologie ne sont pas antinomiques. Grâce à des partenariats avec la DGAC, l’UAF et des initiatives comme Rêves de Gosses, la culture de la biodiversité infuse désormais tout le secteur. Pour aller plus loin dans la compréhension de ces enjeux, vous pouvez consulter les ressources détaillées sur le site officiel de l’association Aéro Biodiversité et son rapport complet.
Et vous, pensiez-vous que les aéroports pouvaient être de tels moteurs pour la protection de l’environnement en France ? Partagez votre avis en commentaire !
Rapport Aéro Biodiversité 2025
Un document de référence qui allie rigueur scientifique et vision stratégique. Indispensable pour comprendre les nouveaux enjeux de la transition écologique du secteur aérien français.
Les Points Forts
- Soutien d'un Conseil Scientifique indépendant.
- Approche par les sciences participatives impliquant le personnel.
- Couverture géographique exhaustive (Métropole + DOM).
A noter
- Complexité de mise en œuvre de certaines préconisations de fauche.
- Dépendance aux budgets de gestion des petits aérodromes. JSON
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Rigueur Scientifique
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Impact Environnemental
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Innovation (GEO/Data)
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Utilité Publique







