Nous allons découvrir ensemble l’histoire inspirante d’Aéro Biodiversité, une association qui, depuis dix ans, révèle et protège une richesse écologique insoupçonnée : la biodiversité des espaces aéroportuaires français.
Pour beaucoup, un aéroport évoque le bruit, le kérosène, le tarmac… Mais saviez-vous que ces vastes plateformes abritent en réalité certains des derniers grands espaces de prairies semi-naturelles de France ? Avec près de 500 km2 de prairies et d’espaces verts, les aéroports constituent des sanctuaires discrets pour la faune et la flore. Ce sont des zones non accessibles au public, mais d’une immense valeur écologique. Depuis une décennie, l’association Aéro Biodiversité œuvre pour étudier, préserver et valoriser ces trésors cachés. Préparez-vous à changer votre regard sur l’environnement aéroportuaire et à comprendre comment ces acteurs majeurs de l’aviation sont aussi devenus des pionniers de la gestion écologique.
Du Risque Aviaire à la Prise de Conscience Écologique
L’histoire de l’association Aéro Biodiversité, créée en 2015 initialement sous le nom d’Hop ! Biodiversité avec le soutien de la DGAC, commence par un objectif purement opérationnel : améliorer la sécurité aérienne. Il s’agissait de mieux comprendre les dynamiques aviaires afin de réduire le risque de collision entre les oiseaux et les avions. Mais, comme souvent en science, les premières campagnes d’inventaires ont révélé bien plus que ce que l’on cherchait.
Menées avec l’appui de scientifiques de renom comme le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), ces études initiales ont mis en évidence que les prairies aéroportuaires étaient des réservoirs de biodiversité d’une importance capitale. Pourquoi ? Parce que ces surfaces sont souvent gérées de manière raisonnée, sans utilisation de produits phytosanitaires et sont très peu fréquentées par l’homme.
Ces conditions créent un refuge idéal pour une grande variété d’espèces : oiseaux, batraciens, mammifères, insectes, et de nombreuses plantes. C’est grâce à cette décennie de travaux et d’inventaires rigoureux qu’Aéro Biodiversité s’est imposée comme une référence nationale dans ce domaine. Comme le souligne Lionel Guérin, Président de l’association, cette démarche est « une vision durable, utile et résolument humaine ». Elle unit désormais l’ensemble des acteurs de l’aérien, les scientifiques et les territoires autour d’un cap commun : protéger et accroître cette richesse silencieuse.
« Depuis 10 ans Aéro Biodiversité unit acteurs de l’aérien, scientifiques et territoires autour d’un même cap: protéger et accroître la biodiversité qui fait la richesse silencieuse de nos aéroports. Une vision durable, utile et résolument humaine. » précise Lionel Guérin, Président de l’association.
Le Label AEROBIO : Structurer et Valoriser l’Engagement des Aéroports
Pour transformer cette prise de conscience en actions concrètes et durables, Aéro Biodiversité a conçu un outil essentiel : le label aerobio. Lancé en 2021 et validé par le Bureau Veritas, ce dispositif est unique en France et vise à inscrire dans la durée les efforts des aéroports en faveur de la biodiversité.
Le label est structuré autour de cinq niveaux et évalue les plateformes sur quatre axes clés :
- Biodiversité : la richesse écologique présente et sa gestion.
- Implication du personnel : la sensibilisation et la participation des équipes.
- Communication : la diffusion des résultats et des actions.
- Ancrage territorial : la collaboration avec les acteurs locaux.
Attribué pour une période de cinq ans, le processus de labellisation est rigoureux, nécessitant un examen approfondi des actions menées et un audit sur site réalisé par des membres du Conseil scientifique.
L’importance de cet outil a été officiellement reconnue en 2023 : le label aerobio a été intégré à la Stratégie nationale pour la biodiversité 2030 (SNB3) comme un outil majeur pour la gestion écologique des prairies aéroportuaires. Cette reconnaissance nationale confirme la valeur du dispositif. Si vous souhaitez en savoir plus sur les initiatives nationales dans ce domaine, vous pouvez consulter le rapport national 2024 aéro biodiversité pour découvrir les objectifs fixés à l’horizon 2030.
Onze aéroports ont déjà été labellisés à ce jour, démontrant un engagement fort : Ajaccio Napoléon Bonaparte, Bastia Poretta, Carcassonne Sud de France, Guadeloupe Maryse Condé, La Môle-Saint-Tropez, Paris Charles de Gaulle, Paris-Orly, Pau-Pyrénées, Perpignan-Rivesaltes Méditerranée, Tarbes Lourdes Pyrénées et Tours Val de Loire. Ces plateformes démontrent que les zones aéroportuaires contribuent de manière significative à la sauvegarde de la biodiversité sur nos territoires.
Une Démarche Scientifique Rigoureuse et Participative
L’une des forces principales d’Aéro Biodiversité réside dans sa démarche scientifique encadrée et indépendante. L’association s’appuie sur un Comité scientifique indépendant, présidé par François Bouvier, attaché honoraire au MNHN, et composé d’experts reconnus de l’INRAE et d’institutions partenaires.
Ce comité a un rôle crucial : proposer les protocoles, valider les données, garantir la qualité scientifique des études et orienter les meilleures pratiques de gestion écologique. En dix ans, il a structuré l’ensemble des méthodes utilisées sur le terrain.
Les écologues de l’association réalisent des inventaires environnementaux selon des protocoles reconnus de sciences participatives tels que Vigie Nature ou SPIPOLL. Ces outils sont doubles : ils garantissent la rigueur des données collectées, mais permettent aussi d’impliquer directement les personnels aéroportuaires. En participant à l’observation et au recensement des espèces, les employés développent une véritable culture commune de préservation de la biodiversité au sein de leur plateforme.
Ce travail de terrain minutieux a permis de constituer une base de données unique en France : plus de 140 000 données d’observation ont été collectées à ce jour. Elles concernent notamment plus de 4 000 espèces végétales, 413 espèces d’oiseaux et 24 espèces de chauves-souris (sur les 34 existantes en France). Ces chiffres impressionnants soulignent l’ampleur de la richesse et la nécessité de protéger ces milieux.

Un Nouveau Chapitre pour une Science Plus Ambitieuse
À l’aube de son dixième anniversaire, Aéro Biodiversité entame une nouvelle phase de son développement scientifique. Ce tournant a été marqué par l’arrivée, le premier septembre dernier, de Matthieu Galtier au poste de Directeur scientifique. Sa mission est claire : renforcer la dynamique de recherche en impulsant des projets innovants, en exploitant pleinement la décennie de données collectées et en accompagnant les aéroports vers des pratiques toujours plus ambitieuses.
« Mon objectif est d’apporter plus de clarté scientifique aux décisions de terrain. Les aéroports sont des milieux particuliers et généralement inaccessibles : mieux les comprendre, c’est mieux les gérer. » Matthieu Galtier, Directeur scientifique Aéro Biodiversité.
Cette expertise accrue permettra d’affiner les stratégies de gestion écologique pour maximiser les bénéfices pour la biodiversité tout en garantissant la sécurité aérienne.
L’avenir de la biodiversité aéroportuaire passe par cette alliance entre la rigueur scientifique, l’engagement opérationnel des plateformes et la participation de tous les acteurs. C’est un modèle de réussite qui prouve que le secteur de l’aviation et la protection de l’environnement ne sont pas des notions opposées, mais peuvent prospérer ensemble.
Questions Fréquentes sur la Biodiversité Aéroportuaire et Aéro Biodiversité
Le label aerobio est un outil unique en France créé par Aéro Biodiversité pour structurer et reconnaître l’engagement des aéroports dans la gestion écologique de leurs prairies. Il repose sur un audit rigoureux du Bureau Veritas.
Ces prairies, peu accessibles au public, sont souvent gérées sans produits phytosanitaires. Elles constituent des réservoirs écologiques essentiels, abritant de nombreuses espèces animales et végétales menacées ailleurs.
Le Comité scientifique, composé d’experts MNHN et INRAE, garantit la rigueur scientifique des protocoles d’inventaires. Il valide les données collectées et oriente les bonnes pratiques de gestion.
Conclusion : L’Avenir de la Biodiversité est entre Nos Mains
En dix ans, Aéro Biodiversité a réussi le pari audacieux de transformer un enjeu de sécurité aérienne en une opportunité écologique majeure. L’association a mis en lumière le rôle fondamental que jouent les aéroports comme sanctuaires pour la biodiversité, éloignés des pressions agricoles ou de l’urbanisation. Grâce à un label reconnu et à une démarche scientifique irréprochable, Aéro Biodiversité guide l’ensemble de la filière vers un engagement durable et mesurable. C’est un exemple éloquent de la manière dont les grandes infrastructures peuvent être des vecteurs de la transition écologique.

Vous qui êtes passionnés par l’aviation et son environnement, quel regard nouveau portez-vous sur les vastes prairies que vous apercevez au décollage ou à l’atterrissage ? Pensez-vous que d’autres secteurs d’infrastructures pourraient s’inspirer de cette démarche ?
Exprimez-vous en commentaire pour partager votre opinion et vos idées sur la contribution de l’aviation à la protection de la biodiversité !







