Ce week-end s’est tenue, pour la 34ᵉ année consécutive, la nouvelle édition du Salon des Formations et Métiers Aéronautiques (SFMA) au musée de l’Air et de l’Espace. Du 30 janvier au 1er février, le salon a enregistré une fréquentation record avec près de 18 300 visiteurs, soit une hausse de 17,5 % par rapport à l’édition précédente. Une dynamique qui confirme l’intérêt toujours plus marqué du public pour les métiers et les formations de la filière aéronautique, civile comme de défense.

Un engouement constaté par Emmanuelle Husson, commissaire du salon et directrice commerciale d’Aviation & Pilote : « La fréquentation du salon est en forte progression, il offre une vraie visibilité au secteur aéronautique. En effet, ces chiffres montrent que par notre positionnement unique, nous permettons aux visiteurs d’identifier les métiers et les parcours pour y parvenir, mais également d’accéder aux recruteurs qui disposent ainsi d’une nouvelle occasion de rencontrer les profils qu’ils recherchent. »
Métiers techniques et féminisation : un intérêt en nette progression
Ce sentiment de curiosité et d’intérêt collectif est confirmé par Nicolas Gros, directeur d’Aérométiers : « Nous étions présents ce week-end sur deux salons importants, le SFMA au Bourget et le salon de l’Étudiant, porte de Versailles et l’affluence a été très forte sur nos stands ce qui traduit un fort intérêt pour les métiers de l’aérien et de l’aéronautique, à un moment où justement l’industrie aéronautique prévoit sur les prochaines années de recruter entre 25 000 et 30 000 personnes par an. »
Il rappelle : « Notre mission au quotidien est d’informer et d’orienter les scolaires, mais également les demandeurs d’emploi, les personnes en reconversion au travers de salons, de conférences, de visites d’entreprises mais aussi via la communication digitale sur les réseaux. Nous sommes ravis en particulier de constater un plus grand intérêt des jeunes pour les métiers de l’industrie aéronautique, les métiers d’ingénieurs ou de techniciens, mais aussi des métiers encore insuffisamment connus comme ceux de mécanicien avion, ajusteurs ou encore chaudronnier. Nous constatons également que lorsque nous avons l’occasion de leur présenter ces métiers, de plus en plus de filles s’intéressent à la filière industrielle. »
Un point essentiel pour le secteur, comme le souligne Nicolas Gros : « C’est un véritable enjeu que de réintroduire l’intérêt pour les sciences et les technologies auprès des jeunes filles. Nous portons le label Féminisons les métiers de l’aéronautique et du spatial, et c’est très stimulant de constater que nos actions, menées avec l’aide de nos 30 partenaires entreprises ou institutionnels, portent leurs fruits. »
Sur le stand d’Aérométiers, les visiteurs ont ainsi pu échanger avec des salariées de plus d’une dizaine d’entreprises du secteur, parmi lesquelles Dassault, Thales, Safran ou Corsair. Pour elles, le constat est clair : « on va dans le bon sens, petit à petit ». En 2024, le taux de féminisation du secteur de l’industrie aéronautique en France atteint 27 %, contre 18 % en 2007.
Un salon au cœur de l’orientation et du recrutement aéronautique
Si le SFMA est un espace d’orientation pour les visiteurs venus découvrir la richesse et la diversité des métiers de la filière, bien au-delà des professions les plus connues comme pilote de ligne, personnel navigant, mécanicien ou contrôleur aérien, il est avant tout LE salon de la formation aéronautique. Écoles, lycées professionnels, CFA, universités et organismes de formation spécialisés y présentent l’ensemble des cursus, du CAP au diplôme d’ingénieur, donnant accès aux métiers du secteur.
Qu’ils soient en phase de première orientation ou en reconversion professionnelle, les visiteurs peuvent obtenir des réponses précises sur les niveaux requis, les modalités d’accès (voie scolaire, apprentissage, formation continue), les diplômes délivrés, la durée des études ou encore les débouchés. En un même lieu, ils comparent les parcours, évaluent la cohérence avec leurs projets et repartent avec des options concrètes et argumentées.
Des formations en phase avec un marché de l’emploi porteur
Parmi les acteurs majeurs de la formation présents au salon, l’AFMAÉ, l’un des principaux centres de formation en France, implanté à Bonneuil-en-France et à Toussus-le-Noble. L’AFMAÉ forme aux métiers de l’aérien tels que Personnel Navigant Commercial (PNC), agent d’escale ou encore mécanicien aéronautique.
Pour Marie-Agnès Amabile, directrice R&D et Communication à l’AFMAÉ, la présence au SFMA est incontournable : « Le salon est l’occasion pour nous de rencontrer et d’informer le public sur les formations les plus adaptées pour accéder aux métiers de l’aérien. Il y a eu dès le vendredi un monde incroyable ! Nous venons d’ouvrir nos sélections techniques après celles dédiées à la relation client en début d’année. Le SFMA nous permet de le faire savoir : le contexte actuel en termes d’emploi et de recrutement est ultra-favorable. »
Elle précise également : « Nous sommes prêts à voir de nombreuses demandes affluer pour la prochaine rentrée sur les formations techniques. Grâce aux partenariats noués avec de nombreuses entreprises du secteur, nous proposons une offre très riche en apprentissage et en alternance. Ces formations permettent d’intégrer rapidement un secteur florissant, en un à deux ans pour un CQP ou un bac professionnel. »
Quand toute la filière se donne rendez-vous
En réunissant l’ensemble de l’écosystème aéronautique en un même lieu, le SFMA permet aux visiteurs de prendre un maximum d’informations sur la filière. De la formation à l’emploi, il n’y a souvent que quelques pas, entre voisins de stands : entreprises recruteuses, centres de formation et pôles d’information.
Si une saine compétition existe entre les différents acteurs pour attirer les talents, l’ambiance reste détendue et collaborative, portée par des problématiques communes de recrutement et de transmission des savoir-faire. Le musée de l’Air et de l’Espace a refermé ses portes sur un salon ayant tenu toutes ses promesses en matière d’affluence, dans un cadre exceptionnel.
Dans ce lieu emblématique, tout est réuni pour plonger immédiatement les visiteurs dans l’univers de l’aéronautique, du plus petit au plus grand. L’accès gratuit aux expositions et aux collections permanentes du musée a permis à beaucoup de découvrir ou redécouvrir l’histoire de l’aéro et du spatial. Mais aussi, pour nombre d’entre eux, de se projeter et de rêver à faire partie de la prochaine génération de talents… et, qui sait, peut-être d’y être exposés un jour.
Propos recueillis par Nicolas Robineau.







