La Journée Biodiversité aéroportuaire s’est tenue à Perpignan le 2 octobre. Les aéroports d’Occitanie y ont dévoilé leurs trésors naturels.

La Journée Biodiversité aéroportuaire a réuni le vendredi 2 octobre, à Perpignan, tous ceux qui œuvrent pour la nature sur les plateformes d’Occitanie. Personnellement, j’ai toujours trouvé fascinant le contraste entre le ballet des avions et la vie sauvage qui s’épanouit à quelques mètres des pistes.
Cette rencontre était organisée par l’association Aéro Biodiversité et l’aéroport de Perpignan-Rivesaltes. Elle bénéficiait du soutien de la Maison de Ma Région Perpignan et de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée.
Son objectif : fédérer le réseau des plateformes aéronautiques régionales, partager les enjeux et valoriser les actions concrètes menées sur le terrain. Je vous propose d’en découvrir les temps forts.
Aéro Biodiversité en Occitanie : 11 ans d’inventaires
L’Occitanie occupe une place à part pour l’association. Aéro Biodiversité y est présente depuis sa création en 2015, et c’est la région la plus représentative de son action.
Le bilan est impressionnant : 21 plateformes partenaires ont fait l’objet d’inventaires, et plus de 34 000 données naturalistes ont été relevées en dix ans.
La méthode repose sur une démarche scientifique rigoureuse. Les équipes mènent des campagnes fondées sur des protocoles de sciences participatives, comme Spipoll ou POPReptiles. Elles s’appuient aussi sur des protocoles conçus spécialement pour les milieux aéroportuaires.
Le but est simple : évaluer précisément la faune et la flore pour optimiser la gestion écologique des plateformes.
Pour approfondir ce travail de fond, je vous invite à consulter notre rapport Aéro Biodiversité 2025 et l’expertise naturaliste sur les aéroports.
Des aérodromes qui abritent une biodiversité insoupçonnée
Les résultats confirment le rôle de zones refuges des aéroports et aérodromes d’Occitanie. Ils hébergent une part très importante de la faune recensée à l’échelle régionale.
Voici les chiffres qui m’ont le plus marqué :
- 65 % des espèces de reptiles de la région (16 espèces) ;
- 65 % des espèces de libellules (51 espèces) ;
- 63 % des orthoptères (107 espèces) ;
- 61 % des chauves-souris (19 espèces) ;
- 60 % des amphibiens (12 espèces) ;
- 49 % des papillons diurnes (336 espèces).
Côté oiseaux, les 56 espèces nicheuses identifiées sur les aéroports représentent 25 % des nicheurs de la région. Plus de 1 400 espèces végétales y ont également été identifiées.
Espèces protégées : un patrimoine à fort enjeu de conservation
Ces inventaires révèlent aussi des espèces à fort enjeu de conservation, protégées au niveau national ou régional. Parmi elles figurent l’Ophrys miroir (une orchidée), l’Outarde canepetière, le Coucou geai et le Moineau friquet.
Certaines espèces sont classées menacées sur les Listes rouges, comme la Vipère aspic. Voir ces animaux prospérer sur des plateformes aéronautiques bouscule bien des idées reçues.
Focus orchidées : des sanctuaires botaniques en Occitanie
Les plateformes d’Occitanie abritent au moins 44 espèces d’orchidées sauvages. C’est près de 40 % de la diversité régionale, ce qui illustre la haute valeur conservatoire de ces milieux préservés.
On y trouve notamment des Ophrys, des Orchis, des Spiranthes ou des Epipactis. Ces prairies, souvent fauchées avec soin, deviennent de véritables sanctuaires botaniques.
Des actions concrètes menées aéroport par aéroport
Le réseau occitan ne se contente pas de compter les espèces : il agit au quotidien. Plusieurs plateformes ont présenté leurs initiatives :
- Castres-Mazamet : conservation et valorisation des semences locales, avec adaptation du calendrier de fauche après fructification, récolte à la brosseuse attelée et revégétalisation ;
- Carcassonne : préservation de la Diane, un papillon patrimonial, grâce à un espace protégé, une fauche adaptée à son cycle et la réouverture du milieu (25 œufs géolocalisés en 2026 par le personnel) ;
- Perpignan-Rivesaltes : fauche tardive pour offrir un habitat refuge aux oiseaux nicheurs, comme le Cochevis huppé ou l’Œdicnème criard ;
- Tarbes-Lourdes-Pyrénées : programme pluriannuel de lutte contre la Renouée du Japon.
Le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) Occitanie, l’Agglo Hérault Méditerranée et l’aéroport de Béziers Cap d’Agde ont aussi partagé leurs retours d’expérience. Ils ont évoqué la préservation de l’Outarde canepetière et de l’Œdicnème criard.
Le sol, acteur invisible de la biodiversité
Matthieu Galtier, directeur scientifique d’Aéro Biodiversité, a rappelé que ces dix années d’observations montrent que les aérodromes sont bien plus que des infrastructures foncières. Ce sont de véritables espaces préservés où la vie s’épanouit.
Il insiste sur un point essentiel : la richesse visible en surface repose sur la santé des sols. Protéger les acteurs invisibles, c’est protéger toute la machinerie qui alimente la biodiversité végétale et faunistique.
Cette approche renforce aussi la capacité naturelle des prairies à stocker le carbone. Un argument de poids pour repenser la gestion des espaces aéroportuaires.
Risques aviaires : allier sécurité aérienne et écologie
Ancien contrôleur aérien, je ne pouvais pas passer à côté de ce sujet. Les statistiques du Ministère des Transports et de la DGAC révèlent une hausse de plus de 34 % des collisions aviaires en Occitanie en 2025, par rapport à la moyenne 2020-2024.
Cela représente 161 collisions enregistrées, dont 10 qualifiées de sérieuses. La moitié impliquent des rapaces, avec une concentration marquée en juillet, lors de l’envol des juvéniles.
Maxime Lefèvre, chargé de projet biodiversité au Service Technique de l’Aviation Civile (STAC), a souligné l’intérêt des inventaires. Cette connaissance écologique fine permet de cibler précisément les espèces impliquées.
Aéro Biodiversité formule alors des recommandations sur mesure, comme la modification des régimes de fauche. L’objectif est d’éloigner des pistes les espèces à risque tout en préservant la biodiversité environnante. Sécurité aéronautique et écologie avancent ici main dans la main.
Ateliers de terrain sur les pistes de Perpignan-Rivesaltes
Après les conférences du matin, l’après-midi a été consacré à des ateliers pratiques sur l’aéroport de Perpignan-Rivesaltes. Ils étaient co-animés par l’équipe d’Aéro Biodiversité, des experts scientifiques invités et la responsable QSE de l’aéroport.
Les participants ont abordé des problématiques majeures des plateformes d’Occitanie, comme la gestion de la canne de Provence ou la mise en place de protocoles pour les espèces à enjeux.
Sensibiliser le personnel et le grand public
L’engagement de l’association passe aussi par une forte présence auprès du personnel des aéroports et du grand public. Elle propose des ateliers pédagogiques et intervient lors d’événements importants, comme le Tour Aérien des Jeunes Pilotes de la FFA.
Les aéroports deviennent ainsi de véritables vitrines de la sensibilisation à la biodiversité. Pour en savoir plus sur ses missions, vous pouvez découvrir l’association Aéro Biodiversité et ses inventaires naturalistes sur les aéroports.
FAQ : tout savoir sur la journée biodiversité aéroportuaire des aéroports en Occitanie
C’est une rencontre organisée le 2 octobre à Perpignan par Aéro Biodiversité et l’aéroport Perpignan-Rivesaltes. Elle réunit le réseau des plateformes régionales pour partager enjeux et actions concrètes de préservation de la biodiversité.
Les aéroports hébergent 65 % des reptiles et des libellules de la région, 61 % des chauves-souris et 49 % des papillons diurnes. On y trouve aussi 56 espèces d’oiseaux nicheurs, plus de 1 400 espèces végétales et au moins 44 espèces d’orchidées sauvages.
Les inventaires écologiques identifient précisément les espèces à risque de collision. Aéro Biodiversité recommande alors des mesures sur mesure, comme l’adaptation des régimes de fauche, pour éloigner ces espèces des pistes tout en préservant la biodiversité.
Journée Biodiversité aéroportuaire : les aéroports, alliés inattendus de la nature
Cette Journée Biodiversité aéroportuaire prouve qu’aviation et nature peuvent cohabiter intelligemment. Avec 34 000 données naturalistes et 21 plateformes engagées, l’Occitanie montre la voie.
Personnellement, je retiens surtout cette idée : en protégeant les sols et en adaptant la gestion des pistes, on protège la vie qui s’y épanouit, sans jamais sacrifier la sécurité des vols.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Avez-vous déjà observé une orchidée, un rapace ou un papillon près d’un aéroport ou d’un aérodrome ? Partagez votre expérience en commentaire, je me ferai un plaisir de vous répondre. N’hésitez pas à partager cet article avec les passionnés d’aéronautique et de nature !







